Allocution de Monsieur Bruno Jean Richard ITOUA, Ministre de l’Enseignement Supérieur du Congo, Président de la Commission Nationale pour l’Unesco, à la 40ème session de la Conférence Générale de l’Unesco.

Monsieur le Président de la 40ème session de la Conférence Générale, Monsieur le Président du Conseil Exécutif, Madame la Directrice Générale de l’UNESCO, Mesdames et Messieurs,

Prenant la parole à ce haut moment du débat de politique générale, je voudrais, au nom de la délégation de mon pays le Congo et en mon nom propre, exprimer à vous-même, SE Ahmet Altay Cengizer, Président de la Conférence Générale, ainsi qu’aux membres du bureau de la 40ème session de la conférence Générale, mes très chaleureuses félicitations pour votre élection.

Estimant que l’UNESCO doit disposer de moyens financiers adéquats pour répondre aux objectifs de l’Agenda 2030 et analysant le projet de budget 2020-2021 de notre organisation, adopté dans le contexte des réductions budgétaires opérées 2012, nous saluons l’efficacité de la transformation stratégique de l’UNESCO et le Congo se réjouit du budget de 534,6 millions de dollars, qui reflète la prise en compte de l’ensemble des dépenses incompressibles.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs

En dépit des efforts consentis en vue du redressement et de la diversification, les économies basées sur la production des matières premières comme celles du Congo, restent affectées par la persistance de la crise financière qui limite drastiquement les capacités des Etats à mobiliser les ressources en vue d’atteindre les objectifs de développement durable.

Dans ce contexte, le Congo s’est doté en 2018, d’un Plan National de Développement (PND 2018-2022), instrument de référence en matière de développement économique et social, concrétisation de la grande ambition de SEM le Président de la République, Denis SASSOU N’GUESSO, dans son projet de société « La Marche vers le développement ». Ainsi, le développement du capital humain avec l’éducation et la formation sont retenues comme 2ème axe prioritaire, expression de notre ferme volonté d’en faire le premier levier du développement.

L’éducation et la formation sont donc des priorités que le Congo partage entièrement avec l’UNESCO. Le Congo continue à louer et à suivre les initiatives de l’UNESCO sur l’éducation : éducation pour tous 2000-2015 ; éducation inclusive et de qualité à l’horizon 2030; “éducation en priorité”, … Mais toutes ces initiatives n’ont de portée que si elles débouchent sur des projets concrets. C’est pourquoi, le Congo se félicite des projets de coopération et souhaite les voir se renforcer, notamment :

  • le CFIT (China Funds-in-Trust) – lancé en 2012, portant sur la formation des enseignants ;
  • l’appui à l’amélioration du système éducatif- PRAASED (2019) axé sur l’amélioration de la gestion du système éducatif et la dotation en intrants pédagogiques ;
  • la création de la chaire UNESCO en sciences de l’ingénieur à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de l’Université Marien NGOUABI.

La dernière initiative lancée, réflexion sur l’avenir de l’éducation”, qui intervient au tiers de la période 2015–2030, est de nature à réinventer de nouveaux modes d’éducation et de formation, face aux nombreux défis relatifs à l’accès à une éducation inclusive et de qualité pour tous. Ces défis sont, pour le cas du Congo :

  • le financement de l’éducation dans un contexte de crise financière ;
  • la problématique des enseignants face à une démographie scolaire galopante ;
  • l’amélioration de la qualité des programmes, des ressources éducatives et des enseignements, confrontée au renouvellement incessant des connaissances et aux besoins sociétaux en perpétuelle mutation ;
  • l’arrimage du système éducatif aux technologies de l’information et de la communication pour l’éducation, à travers un projet de numérisation de l’enseignement supérieur dénommée TIC’Sup.

Dans le domaine des Sciences, Technologies et Innovation, la nouvelle politique scientifique du Congo, élaborée grâce au précieux concours de l’UNESCO, comporte 5 axes majeurs : le renforcement des capacités, l’amélioration de la gouvernance, le déploiement des infrastructures sur l’ensemble du territoire, l’appui au développement économique et social et l’innovation technologique.

Le Congo, pays forestier, mise dans son plan national de développement PND 2018-2022 sur l’agriculture et l’élevage, la sécurité alimentaire, la santé humaine, l’eau, la conservation des forêts, l’énergie et la prévention des risques dus aux changements climatiques, en veillant constamment à ce que les besoins du développement n’entrainent pas des déséquilibres écologiques nuisibles pour l’avenir de la Planète. Ces domaines constituent les matières cibles sur lesquelles est orientée la STI.

Dans ce contexte, certains programmes intergouvernementaux de l’UNESCO, comme le PHI, le MAB, le programme MOST ont vu leur comités nationaux revigorés afin d’en faire des leviers efficaces de la maîtrise des questions cruciales de l’eau, de l’environnement et surtout de l’épineuse question des mutations sociales, notamment en milieu urbain, mis en exergue dans l’agenda du comité national MOST.

Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, la création d’un « Fonds bleu pour le bassin du Congo » par le Président Denis SASSOU NGUESSO, participe de la protection de l’environnement particulièrement par le 2e poumon écologique du monde. Ce Fonds bleu mérite un soutien appuyé de l’UNESCO.

Nous saluons la tenue, à l’occasion de cette session, d’un forum des ministres de la culture visant à stimuler la réflexion sur les politiques culturelles.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs

Face aux restrictions de plus en plus accentuées des ressources budgétaires, le Congo note avec satisfaction que l’UNESCO a entrepris une transformation stratégique à la fois courageuse et intelligente. Notre Organisation continue à jouer son rôle de laboratoire d’idées, d’organisme d’impulsion de la coopération internationale, donnant toujours du sens à des thématiques majeures telles que : la dimension culturelle du développement, la liberté de la presse, le libre accès à l’information, le développement des TICs, la construction de la société du savoir, la question du genre, l’égalité et la promotion politique, économique et sociale de la femme. Ces thématiques constituent le socle du programme de développement de notre pays.

Pour terminer, permettez-moi de souligner le rôle joué par le Bureau-pays de Brazzaville qui continue à être l’instrument clé dans la coopération de l’UNESCO avec le Gouvernement dans le cadre de l’Agenda 2030 dans les domaines de compétence de l’UNESCO. A titre d’exemple, grâce à l’expertise de ce bureau, s’est tenu un atelier de consolidation des compétences des formateurs, qui a débouché sur la création d’une plateforme de collaboration dénommée LISANGA. Aussi voudrions-nous exprimer ici, solennellement, le souhait de voir se renforcer le bureau pays de Brazzaville. 

Je vous remercie pour votre attention.

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